Commune libre d’Aligre
Accueil du site > Cinémaligre > 5ème Cinémaligre du 11 au 14 Septembre 2008 : "MEMOIRES D’ALIGRE"

5ème Cinémaligre du 11 au 14 Septembre 2008 : "MEMOIRES D’ALIGRE"

jeudi 14 février 2008

Pour qu’un lieu nous impressionne, il faut qu’il soit fait de temps et non pas seulement d’espace : de passé, d’histoire, de culture.

Projet pour le Cinémaligre 2008 "Mémoires d’Aligre"

Le Cinémaligre 2008 creusera les « mémoires d’Aligre », pour qu’à partir de l’observation du microcosme qu’est le quartier d’Aligre on trace une image de la ville et de ses populations. Ou comment l’histoire de quelques rues, le parcours de quelques individus, ou l’expérience de dynamiques collectives, peuvent dessiner l’histoire et l’identité plus large d’un quartier, d’une ville, d’une capitale.

Il s’agit avant tout de prendre conscience que notre passé est ce qui continue. Loin d’une quête nostalgique, il nous est apparu que pour écrire l’avenir, rendre justice à son exigence, relever ensemble les défis qu’il nous pose, il faut interroger le présent à travers la transmission des mémoires. Nous vivons des temps de réécriture de l’histoire sous amnésie volontaire (Sarkozy et 68 par ex.), comme si n’existaient pas d’autres voies que celles qu’imposent les dogmes de la société néo libérale. Mais la mémoire populaire n’oublie pas, et le Cinémaligre se propose de faire resurgir ce qui a construit la société d’aujourd’hui, ces héritages porteurs d’autres modèles, d’autres rêves et d’autres espoirs. Qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit bien de monter que cette recherche d’identité collective veut s’opposer à ces idées rétrogrades dont le pouvoir actuel entend faire le fondement de l’organisation sociale. L’ambition du Cinémaligre est bien de donner au habitants du quartier le moyen de se réapproprier leur histoire dans tous les sens du terme.

Nous cultiverons donc :
- la mémoire de l’immigration constitutive du quartier d’Aligre et de toute ville en général,
- la mémoire des déplacements de population dans un passé proche et sombre de l’histoire,
- La mémoire de la violence économique et immobilière de la ville moderne qui vide le quartier et Paris des couches populaires de la population,
- Mais aussi la mémoire des luttes, révoltes et révolutions populaires qui ont fait vibrer nos faubourgs et ont marqué les lieux pour obtenir l’émancipation des populations sans droits.

- Une manifestation culturelle de quartier Le café associatif « la Commune » que la Commune Libre d’Aligre anime depuis le 14 juillet 2007 au 3 rue d’Aligre est devenu un carrefour de paroles, de cultures, des habitants du quartier de tout âges, de toutes origines socioculturelles, véritable miroir du quartier actuel. Nous voulons profiter de cette richesse de rencontres pour construire ensemble la mémoire du quartier que nous restituerons sous différentes formes artistiques lors du Cinémaligre. Se connaître, se raconter, écouter l’autre pour comprendre l’espace public que nous avons en commun qu’est le quartier, et plus largement, comme le définit Pierre Sansot sans une part d’utopie : « espace public : tout espace où je me sens à l’aise, dans lequel je perçois chez les autres le même sentiment de bien-être et où je n’ai pas à justifier ma présence ».

- Un festival préparé avec les habitants

Les habitants du quartier sont invités à participer activement à la programmation du festival. La réunion mensuelle de préparation se tient au Café Associatif "La Commune", ouvert à tous et équipé d’un matériel de projection performant. Seront organisées Des séances de visionnages de films susceptibles de s’insérer dans le projet. Chacun sera amené à donner son avis, à faire des propositions de films, à débattre autour de la projection.

- Des manifestations possibles :

- Café-mémoires : mise en place de rencontres mensuelles entre des personnes âgées et les jeunes générations autour d’un thé, café ou d’un « Beuk Cola » pour discuter du quartier : avant, aujourd’hui, demain. Des thèmes de conversation seront proposés à chaque rencontre et restitués pour le Cinémaligre sous forme d’expositions, livrets, affiches ou autres. Les réunions seront filmées, matière, peut être, a une projection au cours du festival. Un travail avec les enfants des écoles serait possible.

-  Le spectacle vivant : Mémoires vives

Dans le cadre de cette cinquième édition, le Cinémaligre fera appel à des comédiens (trois) qui auront la charge d’explorer et de réaliser les interventions de rue sur des thèmes proposés par les communards. Dominique Collignon Maurin, (GP de la Commune) prêtera bénévolement son expérience à la réalisation et à la coordination de cette partie du festival :

- Mémoires Historiques

Le quartier d’Aligre, le Faubourg St. Antoine, la rue de Charenton, les Quinze Vingt sont le théâtre de grands faits historiques. Saint Louis et les écrouelles, le 14 juillet 89, la révolte de juillet, les rafles sous l’occupation nazie, le Vel d’Hiv. Des faits qui surgiront aux petits matins dans le quartier d’Aligre durant les 4 jours du festival.

La compagnie devrait organiser en amont du festival des rendez vous avec la population du quartier désireuse de participer à ces fresques historiques, le carnaval de Paris de février offrant une première occasion Les comédiens auront la charge de la mise en scène, le choix de la scénographie, costumes accessoires et décors mobiles (en partenariat avec « les ateliers partagés »).

Propositions :
- Une sale maladie : St Louis sous un chêne soigne avec sa salive (avec un arbre mobile en carton, Saint louis sur son trône fait des miracles...)
- 89 : la prise de la bastille, Marat dans sa baignoire, Sade à sa fenêtre, la terreur, les sans Culottes, la guillotine, les piques avec les têtes coupées...
- La révolution de juillet : les meubles jetés du haut des ateliers du faubourg, la naissance du syndicalisme, les assemblées générales, l’apprentissage de la démocratie...
- 39-45 : la résistance , les rafles, le Vél d’Hiv , les valises en carton...
- Charonne
- 68...
- Les Bobos...

- Mémoires intimes

À partir de textes issus d’interviews d’habitants réalisés depuis 2000, des comédiens feront des « visites guidées » au cours de l’après-midi, entre les séances de cinéma. Trajectoires personnelles d’illustres inconnus ! Parcours subjectif de l’histoire du quartier... Avant la mise en scène des visites. Un travail de tri, d’adaptation, d’écriture dramaturgique des interviews sera nécessaire. Ici les comédiens pourront faire appel aux communards aussi bien pour le travail d’adaptation que pour les visites proprement dites.

- Cinémaligre des enfants, le ciné-goûter :

Devenu un moment fort incontournable du festival, le ciné-goûter s’impose comme une évidence. A l’issue d’un programme spécifique adapté aux enfants composé de films courts, grâce à la participation des commerçants du quartier, un goûter festif est offert à la foule enfantine qui envahit tout le territoire du festival. Et pourquoi pas, cette année, hommage à la mémoire de notre enfance, une déclinaison de tartines de confitures...

- Des expositions possibles :

- Le « pêle-mêle » du quartier : collecte de photos du quartier prises par les habitants (photos de famille ou autres prises à différentes époques et sur lesquelles on reconnaîtrait le quartier) et montage d’une expo collective de regards croisés (en extérieur) pour faire un portrait de quartier.

- Exposition des photos de « Balthazar »( au café associatif), décédé il y a un an, prises depuis les années 70 dans le quartier ; un regard affectif, attentif et curieux où on retrouvera les grands et les petits moments, les têtes et les silhouettes du quartier toujours prêts à poser pour Balthazar.

- Un événement festif et gastronomique

- Une animation du quartier. Prolongation de la participation cette année de la Commune Libre d’Aligre au Carnaval de Paris avec son défilé des gardes-champêtres, le Cinémaligre envahira le marché par des défilés burlesques en fanfare pour populariser le festival selon la tradition. Le festival animera particulièrement le quartier avec le projet d’animation théâtrale « mémoires d’Aligre mémoires vives » ( voir en annexe) avec ses concepts originaux de « visites guidée » et de « ciné opéra ».

- Le temps des repas est depuis le premier festival un moment convivial et festif. Le Cinémaligre installera à nouveau à côté du chapiteau de projection tables et cuisine où les spectateurs pourront se rencontrer, prolonger les débats organisés en salle...Selon le mode de fonctionnement qui réussit tant au café associatif, le Cinémaligre fera appel à des cuisiniers bénévoles en leur demandant d’aller chercher leur inspiration dans les recettes compilées au café, mélange toutes les cultures et toutes les sensibilités

- Mémoire culinaire. Depuis deux ans le festival a établi un partenariat avec l’association « Slow Food » qui a pour vocation, entre autres, de s’opposer à la standardisation des goûts imposés par les multinationales de l’alimentaire et de la restauration. Slow Food pourrait mettre en avant son rôle de sauvegarde et de promotion d’une conscience publique des traditions culinaires, notamment à travers son projet de « sentinelles », de conservation et mise en valeur de produits naturels oubliés.

- L’appel à création

Comme chaque année nous appelons chaque citoyen-créateur à s’exprimer en images et en liberté autour du thème du festival. Nous lançons à nouveau un appel à création de films courts. Les films ainsi réalisés seront projetés en début de chaque séance et donneront lieu à un vote du public. Ainsi les spectateurs désigneront les heureux lauréats du Cinémaligre qui recevront Maillot d’Or (sculpture créée pour le Cinémaligre par Philippe Maillot, artiste d’Aligre) ou l’une des productions géantes (mais certifiée sans OGM) du jardin collectif du quartier d’Aligre.

- Le cinéma, gardien de la mémoire et témoin de l’histoire.

A travers une programmation de films nous aborderons les différents thèmes invoqués des « Mémoires d’Aligre » en les déclinant à travers des séances thématiques avec en autre :
- Immigrations
- Déportations
- Evolutions sociologiques des villes
- Luttes urbaines

Quelques films possibles

L’homme sans passé de Aki Kaurismaki, 2002 : Victime d’une agression un ouvrier il se réveille sans aucun souvenir de son identité. Un contre-pied qui pourrait, en clin d’ ?il, servir de fil d’ouverture au festival.

L’année dernière à Marienbad Alain resnais,1961 : Dans un grand hôtel de luxe, un homme tente de convaincre une femme qu’ils ont eu une liaison l’année précédente.

Amarcord Federico Fellini, 1972 :"La mémoire n’est pas émiettement de souvenirs la mémoire c’est la création". Federico Fellini.

La commune (paris 1871) de Peter Watkins, 2000 : Dans un espace théâtralisé, plus de 200 acteurs tout particulièrement la population du quartier Popincourt dans le XIème arrondissement interprètent les personnages de La Commune.

Retour sur l’ile Seguin de Mehdi Lallaoui, 2003 : le témoignages d’anciens OS de l’usine Renault , juste avant la destruction des ateliers qui étaient leur vie.

Reprise Hervé Le roux 1997 : La recherche d’une femme, jeune ouvrière en 1968 filmée par des étudiants quant elle refuse de reprendre le travail, enquête quasi obsessionnelle.

Le silence du Fleuve de Medhi Laloui et Agnès Denis, 1991 : Témoignages pour briser le silence sur la répression de la manifestation algérienne du 7 Octobre 1961, afin que l’oubli ne soit pas englouti dans l’histoire.

Les garçons Ramponneau de Patrice Spadoni 2007 : Biographie de 3 écoliers de la Rue ramponneau issus des migrations polonaises , grévistes en 36, résistants en 43, militants toujours.

Drancy Avenir de Arnaud des Pallières, 1996 : trois récits distincts, trois façons d’évoquer l’ancien camp devenu la cité HLM de la muette.

No pasaran album souvenirs de Henri François Imbert, 2003 : l’histoire des réfugiés de la guerre d’Espagne à partir de bribes de souvenirs, quelques cartes postales.

Sur la plage de Belfast de Henri François Imbert, 1996 : récit poétique d’un périple qui le conduira le réalisateur en Irlande du Nord, jusqu’à la rencontre émouvante avec la famille entrevue sur un film d’amateur.

Je vous haime de J.F. Bastin et I. Christiaens, 2002 : Une jeune femme musicienne , métisse d’un père congolais et d’une mère belge, écartelée entre deux cultures, tente de reconstituer son histoire.

Rue Santa Fe de Carmen Castillo, 2007 : Carmen Castillo, rencontre les habitants rue Santa Fe, ou est mort son compagnon Miquel Enriquez chef de la Résistance contre la dictature de Pinocht. Un récit tendu par une interrogation : tous ces actes de résistance valaient-ils la peine ? Miguel est-il mort pour rien ?

Mémoire d’un saccage Fernando Solanas, 2003 : Montage vidéo au service des révoltes populaires de 2001 qui évoque 20 ans de pillage de l’argentine par sa classe dominante.

Le rideau de sucre de Camila Guzman, 2006 : interrogation sur le passé d’une enfance heureuse à Cuba et constat d’un présent amer

Romances de pierre et d’eau Jean Pierre Duret 2001 : Les paysans du nordest Brésilien se battent avec beaucoup d’humour pour leur survie économique mais aussi pour préserver la force d’imagination et de recréation de leur culture.

Si vous voulez participer à l’organisation du festival, rendez-vous aux réunions mensuelles cinémaligre :

Dimanche 24 février 19h au Café associatif : visionnage chacun peut apporter ses films.

Lundi 10 mars, Lundi 14 avril, Mardi 13 mai, Lundi 9 juin, Mardi 8 Juillet : réunions mensuelles Cinémaligre à 20h au Café associatif.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0