Commune libre d’Aligre
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la vie au jardin

lundi 1er mai 2006

Le jardin de l’Aligresse est situé sur une friche, impasse Druinot Paris 12ème.

Il s’agit d’une parcelle de 236 m2 mise à disposition gratuitement par la ville de Paris dans le cadre d’une convention signée avec la Commune Libre d’Aligre dont l’aménagement à été pris en charge par les services de la ville ; aménagement du terrain -apport de terre - point d’eau- abri de jardin. Remise des clés le 21 mars 2004. Les principes de l’Aligresse sont d’une part ;être ouvert au public dès lors qu’un membre de l’association est dans le jardin et d’autre part de tenter de faire pousser les plantes dans le même sens.

La participation financière est de 15 ? répartie en : 5 ? pour l’adhésion à l’association et 10 ? pour le fonctionnement du jardin.

La vie de notre jardin s’est déclinée en deux temps : La première année, au printemps nous avons reçu les clés d’un jardin avec des parcelles totalement vides. Tout était à mettre en oeuvre ; des espaces ont été dédiées à une classe du cour préparatoire, au centre de loisirs de l’école Baudelaire et au Relais 59.

Les autres parcelles ont été mises en commun entre 70 jardiniers adhérents des proches environs, dont une trentaine possèdent les clés. Devant les notions de jardinage tellement différentes pour chacun de nous, qu’il s’agisse du jardinage de balcon ou de la parcelle de terre plus où moins grande, nous nous sommes mis au travail avec beaucoup de plaisir. Les initiatives ont été nombreuses. Nous avons récupéré des plantes du marché et d’ailleurs, certains ont apporté des outils de jardinage. Les besoins ont été définis pour les premiers mois et le jardin a commencé à prendre vie.

Ce petit espace de verdure dans une grande friche parisienne à permis à diverses générations de se croiser et de se rencontrer malgré les contraintes des emplois du temps de chacun. La semaine, dans la journée on pouvait voir les enfants gratouiller la terre avec l’institutrice et les animateur(trice)s. Dans la soirée d’autres jardiniers arrivaient, certains pour s’adonner à la passion du jardinage, d’autres pour regarder et profiter de cette agora naturelle. Une paillote s’est construite pour nous protéger du soleil, une vigne vierge est arrivée et a commencé à s’agripper autour des poteaux. Le samedi et le dimanche l’activité était intense, les fêtes ont été nombreuses et variées.

Toute les activités du jardin sont consignées dans un cahier de bord, ainsi la semaine, sans nous rencontrer nous savions qui était passé et ce que les jardiniers avaient fait lors de leur passage.

Les papotages autour de la table ont animé l’activité agricole durant tout l’été. Nous avons fait connaissance, on y a échangé des recettes de cuisine, des "trucs" pour faire pousser la végétation naturellement et en douceur. Par exemple, Aicha la mamie du jardin, nous a suggéré : pour chasser les chats sans les agresser, il faut mettre du poivre sur la terre. D’autres nous ont conseillé, devant l’invasion des pucerons, d’ asperger les fleurs avec de l’eau et du savon de Marseille, ensuite de faire un lâcher de coccinelles ; Nous les avons aspergés avec amour et les coccinelles sont arrivées toutes seules .

Nous avons continué à suivre les conseils des multiples personnes de passage ou en visite. Ainsi l’Aligresse est devenu un lieu de convivialité ; repas, apéro, fête, anniversaire, dégustation des « récoltes » se sont succédés tout l’été. .

Suite à cette ouverture nous avons vu des nouvelles têtes débarquer dans l’association, les uns ont creusé un bassin qui a recueilli deux poisons rouges et une tortue. D’autres ont construit une pergola destinée à faire monter la vigne au printemps prochain.

En octobre, après six mois de travail en commun, de nombreuses questions se sont posées. Comment ce jardin va-t-il évoluer alors qu’il est déjà si saturé ? Nous décidons finalement de ne pas planter de vivaces, ni trop de persistants, juste des annuelles, et des légumes, pour pouvoir récréer chaque année.

L’hiver est arrivé les soupes aux jardins ont continués les jours où le temps nous le permettait.

Cette première année a démontré que par des expériences pratiques , comme la mise en commun des outils , du terrain, la tenue du cahier de bord, le partage des compétences et d’expériences, qu’il est possible de se retrouver autour d’un projet collectif où la responsabilité de chacun permet l’initiative de l’autre.

Le jour du premier anniversaire du jardin nous avons planté, comme prévu, la vigne, dans la joie et la bonne humeur.

Quelques jours après nous recevions un courrier de la mairie nous signifiant la fermeture du jardin le 10 avril 2005 pour cause de dangerosité dans un chantier en construction.

Cette nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans notre petite structure fragile, la bagarre a recommencé. Devant le succès populaire du jardin, et après plusieurs réunions, les élus ont compris nos demandes et nous les leurs. Les parcelles des enfants n’ont pas été épargnées à cause de la destruction du mur au mois d’août mais l’ouverture d’une prochaine parcelle pédagogique promises par la mairie en octobre compense nos déceptions. L’accès à notre parcelle malgré les travaux a été autorisé aux adhérents avec l’assurance que nous ne viendront pas les jours de mauvais temps nous mettre en danger sous les grues.

juin 2005

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