Commune libre d’Aligre
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LA COMMUNE Un café associatif dans le quartier

La Commune Libre d’Aligre répond à un appel d’offre de la mairie de Paris

dimanche 26 mars 2006, par Toni Briceno

La Commune Libre d’Aligre a remporté l’appel d’offre de la Mairie de Paris pour la gestion et l’animation d’un espace situé au 3/5 rue d’Aligre en café associatif, « la COMMUNE » ; un espace convivial de brassage culturel, intergénérationnel, citoyen.

L’ouverture est prévue courant avril 2007.

L’idée majeure est d’être un lieu fédérant toutes les énergies du quartier. D’ores et déjà, nous avons reçu le soutien et l’engagement de nombreuses associations du quartier.

Nous vous invitons à lire le projet, attendons vos commentaires, toutes les idées de participation seront les bienvenues ! Vous pouvez nous en faire part en nous écrivant sur cafeassociatif@cl-aligre.org.

La gestion du lieu par une association : la Commune libre d’Aligre

La Maison des Ensembles, propriété de la Ville de Paris, est actuellement l’objet de recherche d’idées novatrices pour en faire un lieu social et culturel ouvert sur le quartier. Le partenariat entre une association de quartier, depuis longtemps établie et reconnue comme la Commune libre d’Aligre, et la Ville, pour la gestion d’un café associatif nous semble très intéressant. En effet, ce mode de gestion alternatif permettrait une grande adaptation aux besoins du quartier et une grande souplesse quant aux modalités d’ouverture. Pour l’association c’est avoir les moyens matériels de mettre en place un tel projet. Un peu sur le mode très novateur des Jardins Partagés qui voient le jour à l’initiative de la Mairie de Paris, la Ville aménage l’espace en terme matériel et financier, et après signature d’une convention, confie la gestion à l’association.

Présentation du projet « la COMMUNE »

Nous désirons ouvrir un lieu de vie et d’hospitalité dans le secteur de la Place d’Aligre dans le XIIe arrondissement, ouvert sur le quartier et au-delà, qui propose à la fois les services d’un café associatif et petite restauration et qui soit un espace culturel public pour débattre, échanger, se rencontrer, voire créer.

Nous souhaitons inscrire cet espace dans le projet, en son entier, de la Maison des Ensembles. Cette réhabilitation doit se réaliser en fonction des critères de développement durable. L’idée que nous essayons de promouvoir consiste à faire de cet "ÉCOQUARTIER", un laboratoire des innovations environnementales de la communauté urbaine ; café associatif, Maison des Ensembles, le "100" avec les associations et les habitants.

Ce lieu fédérerait ainsi les énergies multiples que recèlent ce quartier pour aller vers le « mieux vivre ensemble ».

Un café associatif dans la Maison des Ensembles

Ce projet a sa place dans la Maison des Ensembles dont la réhabilitation et l’aménagement sont actuellement à l’ordre du jour.

Les orientations de cet aménagement vont dans le sens de la création d’un lieu polyvalent, ouvert aux associations culturelles et sociales et destiné aux habitants. Sa situation en plein cœur du quartier et du marché d’Aligre, l’agencement des salles au rez-de-chaussée, la vaste cour ouverte sur le quartier, font de la Maison des Ensembles l’endroit idéal pour expérimenter le concept de café associatif.

Le café associatif sera le premier lieu visible par les visiteurs de la Maison des Ensembles, la cour pouvant servir de terrasse, et inscrira ainsi immédiatement le lieu dans une convivialité ; il sera le lien entre le quartier et la Maison.

Un lieu de vie

Nous avons besoin aujourd’hui de lieux autres, de lieux pour l’autre. Parce que l’hospitalité est en crise, parce que l’espace commun se resserre, il est urgent d’ouvrir un lieu où l’on se rend pour faire quelque chose, partager un temps de vie, se mettre en mouvement, un nouveau type d’espace public où chacun peut se sentir chez soi. Ici, on mettra en commun des outils et des ressources, on échangera des savoir faire, des recettes, on fera des tentatives.

Le café-cuisine

Le geste d’accueillir, celui de cuisiner, les boissons et repas pris en commun, sont des éléments fondateurs de l’art de vivre que nous voulons mettre en avant. L’identité de notre lieu se construit autour de la cuisine.

Nous souhaitons instaurer un mode de restauration différent, en faisant appel à la participation et aux compétences culinaires de chacun. Cette expérience nous paraît intéressante à mener dans ce quartier rythmé par son marché quotidien, avec sa population traditionnelle, particulièrement cosmopolite et ses nouveaux habitants. Il s’agit de profiter de ce métissage socioculturel pour faire se rencontrer les populations autour de la confection d’un plat, d’un verre ou d’un repas, comme nous en avons l’expérience lors des repas de quartier sur la place d’Aligre.

Ainsi, tous les vendredis soirs, un repas aura pour thème la cuisine d’origine d’une des communautés présente dans le quartier. C’est une manière de parler d’une culture en reproduisant les gestes du repas traditionnel, universels et pourtant différents, d’échanger sur les arts culinaires, pour collectivement sortir de son seul point de vue, produire des manières de vivre ensemble, des essais de vie sociale où se révèlent les uns et les autres.

Ces repas linguistiques se prolongeront en veillées culturelles : contes, chansons, musiques, projections...

Certains midis, nous proposerons un repas de qualité mettant en valeur les produits du marché et des régions. Nous voulons établir un lien très fort avec le marché et son fonctionnement.

Les repas seront préparés par l’équipe du café associatif, bénévole et professionnelle, des associations, ou des volontaires qui l’auront préablement programmé.

Du point de vue de l’approvisionnement, il se fera prioritairement sur le marché d’Aligre pour mettre en valeur ses produits et ses commerces. Il s’agira toujours d’utiliser les produits de saison, de faire découvrir des produits plus rares à travers des recettes traditionnelles ou plus inédites. Parallèlement, nous militons pour les produits issus du commerce équitable, ainsi nous proposerons à la consommation, du café, du thé ainsi que des jus de fruits. Pour promouvoir cette démarche, nous envisageons de mettre ces produits à la vente au sein du café en devenant une « petite épicerie équitable » dans le quartier.

La COMMUNE participera à la création d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) dans le quartier, pourra être le relais pour l’approvisionnement et sera en partie fournie par ce biais.

Nous voulons permettre à tous d’accéder au lieu à des prix solidaires. Ceci sera rendu possible par notre choix de nous approvisionner sur le marché (pas de frais de transport, prix bas, produits de saison, contrats établis avec des commerçants...), par notre forme associative à but non-lucratif, par la participation de bénévoles au projet, par la mise à disposition de l’investissement de départ par les institutions publiques et par des subventions de fonctionnement.

La consommation d’alcool ne sera possible qu’en prenant des repas. Il s’agira de bières ou de vins sélectionnés chez des petits producteurs.

Les horaires de fonctionnement, le plat unique, la limitation de la consommation d’alcool, nous distingueront des bars et restaurants à but commercial du quartier, empêchant ainsi tous risques de concurrence.

Un lieu culturel et de rencontres

Ce lieu est avant tout un espace d’échanges, rencontres autour d’un verre, d’un café, d’un repas mais aussi autour d’un thème à débattre, d’un spectacle de théâtre ou de musique, de lectures, d’une exposition. Nous voulons en effet être ouverts à toute parole susceptible d’engendrer la réflexion, l’interaction, d’éveiller l’esprit critique et de curiosité en invitant des artistes, des conférenciers, des associations, des animateurs de la vie socioculturelle...

Ce projet est destiné à répondre aux besoins de tous les habitants, et en particulier au manque de locaux associatifs et de rencontres en général.

Ainsi, la programmation des permanences, des animations, ateliers, soirées thématiques se fera en partenariat avec d’autres associations, groupes, ou mêmes individus, qui ont la pratique ou simplement l’envie de mener de telles expériences.

Les matinées, nous ouvrirons « la COMMUNE » au quartier avec des permanences d’entraide sociale en partenariat avec des associations locales : écrivain public, permanence juridique, information santé, orientation jeunes...

Les après-midi seront plus informelles et il s’agira seulement d’offrir l’accueil à tout à chacun.

Les animations prendront place en fin d’après-midi ou en soirée et seront prises en charge par des individus ou des groupes volontaires. Ainsi le soir, pourront se décliner des soirées chansons, ciné-club, contes, débats-conférences ( café-socio, café-histoire au regard de l’histoire du quartier, café-littéraire autour de lectures, café des sciences, café-poésie, café-sport...), théâtre de bars, petites formations musicales (apéro-jazz, jazz vocal etc.), projections de cinéma, soirées animées par les jeunes du quartier, un « café des âges » pour inclure les personnes âgées dans toutes ces initiatives citoyennes.

Loin de proposer des activités par public, nous favoriserons la mixité, la rencontre. Nous serons très vigilants pour que les programmations en soirées ne produisent pas de nuisances sonores dans l’environnement immédiat.

Nous tenons à ce que le lieu affirme son lien avec la cuisine à travers des animations et ateliers qui favoriseront la création culinaire, la convivialité, la culture du repas, mais aussi l’hygiène alimentaire, la diététique, la découverte des modes de production bio et du commerce équitable : des ateliers cuisine animés par des cuisiniers professionnels ou non, des ateliers d’ ?nologie par des sommeliers professionnels ou non, des rencontres avec des médecins, des diététiciens, des producteurs, des militants contre la « mal bouffe », des sociologues, des historiens etc...

Dans ce cadre, nous mettrons en place des animations-cuisine pour enfants les mercredis en relation avec les écoles et les centres de loisirs du quartier. Les écoles et centres de loisirs participant au jardin collectif l’Aligresse pourront par exemple poursuivre leurs découvertes des produits potagers en les cuisinant à la COMMUNE (confitures, tartes etc. après la cueillette). Le repas du mercredi sera préparé par les enfants eux-mêmes.

Par le biais de la cuisine, nous voulons aussi toucher le public des femmes immigrées qui ont participé à plusieurs de nos fêtes de quartier en proposant des plats de leurs pays. C’est une manière de se retrouver entre elles hors du contexte familial et de faire partager leur culture aux autres habitants du quartier. Un certain nombre d’entre elles s’est regroupé sous le nom de la « Bonne marmite » dans le but de se professionnaliser dans la cuisine. La COMMUNE est le lieu idéal pour développer leur projet qui va dans le sens d’une plus grande insertion sociale. Pour appuyer de telles démarches, nous nous tournerons vers le financement solidaire.

De façon générale, nous voulons inscrire la COMMUNE dans le mouvement de l’épargne solidaire et être un lieu de promotion de ce type de financement dans un but d’insertion sociale et économique.

Enfin, nous ne serons pas uniquement tournés sur le quartier, nous voulons être au contraire une fenêtre ouverte sur les autres quartiers de Paris, les villes françaises et même européennes. La COMMUNE sera un lieu d’échange et de partage des expériences de citoyenneté urbaine, elle diffusera ces expériences alternatives auprès du quartier à travers des rencontres et cherchera elle-même à diffuser son expérience à l’extérieur. Nous songeons plus particulièrement à des échanges transculturels avec des capitales européennes et nous pourrons recevoir pour cela des étudiants européens en observation.

Outre des animations, l’espace offrira une bibliothèque et un espace spécialement destiné à recevoir les « archives du quartier », une ludothèque, un espace « multimédia » (poste informatique, Internet), des espaces d’information sur le quartier (affichage, porte-documents...), des expositions, un écran de cinéma, une régie lumière et son pour de petites formation de musique ou théâtre...

Les Ateliers Partagés du 100 rue de Charenton trouveront ainsi un lieu permanent d’exposition ou de représentations dans la mesure où ces ateliers ne peuvent pas recevoir de public.

Partenariats et participations

Depuis toujours, la Commune Libre d’Aligre participe très activement à la vie du quartier. Elle a donc tissé des liens avec les principales associations du secteur mais aussi avec les commerçants, les artisans et bien sûr les habitants.

Dans toutes ses fêtes, activités et événements, la Commune Libre d’Aligre associe ces groupes, de la même manière qu’elle participe à leurs activités.

Ainsi nous sommes très liés avec des associations à vocation sociale : Club de prévention Soleil mais aussi le Cabinet médical d’Aligre des docteurs Carpentier et Boisseau, des associations de quartiers voisins ; l’association du Quartier St Bernard, l’association de la Cité Prost, l’association Saint Louis des Quinze-Vingt, des associations communautaires ; l’association des Espagnols du quartier, la « Bonne Marmite », mais aussi les associations de parents d’élèves ; FCPE et Petits Baudelaire, les commerçants et leurs associations, la Fédération des Associations du Quartier d’Aligre,( FAQA), les boutiquiers d’Aligre, les Commerçants de la Halle Beauvau, la librairie la Terrasse de Gutenberg, le café le Baron rouge etc., les artisans et leurs associations, l’association des Artisans de la Cour de l’Industrie, Faubourg des Arts, des associations citoyennes comme la Ligue des Droits de l’Homme du 12è, ATTAC 12è et d’autres associations culturelles ou de loisirs ; les Ateliers Partagés du 100 rue de Charenton, Colline Compagnie, l’Espace d’un Instant (littérature et théâtre des Balkans), Slow Food Bastille (cuisine et gastronomie)...

« La COMMUNE » sera le lieu fédérateur, reflet de la vie du quartier, où toutes ces associations, groupes et individus qui forment, à l’heure actuelle, un réel réseau pourront travailler ensemble à l’animation du quartier.

La participation peut être de diverses formes : animer une plage-horaire régulière pour proposer une permanence d’entraide sociale, un atelier, une activité, une soirée, un débat, un repas..., travailler ensemble pour la réinsertion des personnes en difficulté du quartier, et en particulier des jeunes, qui pourraient trouver à « la COMMUNE » un lieu de stage ou d’emploi aidé dans divers domaines (animation, accueil, régie, service, cuisine, etc).

« La COMMUNE » sera évidemment un lieu d’information sur toutes ces associations et sera à même d’orienter les personnes demandeuses.

Nous établirons les meilleurs rapports avec les commerçants qui sont souvent partenaires sur nos manifestations dans une volonté de participer activement à l’animation du quartier. Dans le cadre du café associatif, les commerçants du marché et les boutiquiers seront nos fournisseurs mais aussi nos conseillers.

De la même manière, nos liens avec les artisans du Faubourg nous permettront de penser à un mobilier original pour « la COMMUNE ».

Enfin, nous voulons aussi toucher des « groupes » plus informels en les impliquant dans la vie de « la COMMUNE » et en faisant en sorte qu’ils se l’approprient, nous pensons particulièrement aux jeunes du quartier (les 16 -30 ans) qui manquent de lieu de rencontres, aux personnes âgées, aux femmes immigrées, mais aussi aux malvoyants de l’hôpital des Quinze Vingt à proximité.

Gestion et personnel

Si on tient compte des modalités d’ouverture et de préparation telles qu’elles sont décrites dans le tableau, on arrive à un total de 50 heures.

Le café associatif embauchera une personne pour un total d’heures de 35h hebdomadaire par le biais de Contrat d’Accompagnement à l’Embauche. Elle aura en charge l’accueil, l’animation et le suivi administratif du lieu, épaulée par les bénévoles de la Commune Libre d’Aligre. L’activité économique sera supervisée par le trésorier de l’association et l’ensemble du projet contrôlé par le conseil d’administration.

D’autre part, nous voulons inscrire « la COMMUNE » dans une démarche de réinsertion sociale et ainsi accueillir des personnes, jeunes ou moins jeunes, en formation (contrat de qualification, stage etc. ) orientées par les structures sociales du quartier (club de prévention Soleil, assistantes sociales du secteur, Relais 59 etc.). Deux à trois personnes inscrites dans un tel dispositif pourraient compléter l’équipe aux postes de cuisine, service, accueil, entretien, animation.

Dans le cadre de notre projet de rencontres et d’échange, nous pourrions également accueillir des stagiaires Européens.

Enfin, nous privilégions la participation de volontaires pour l’animation des ateliers et des soirées, mais aussi dans la gestion quotidienne du lieu.

L’équipement

Pour la restauration, il est indispensable que le lieu soit équipé d’un office comprenant une hotte d’aspiration avec évacuation extérieure, un piano, des frigos, un congélateur, un espace-plonge, un lave-vaisselle, un four à micro-onde, circuit sale et circuit propre.

Pour le bar, un percolateur. Nous avons besoin de vaisselle (assiettes, verres, couverts, plats...), casseroles et plats de chauffe...

Le lieu doit avoir du caractère tout en étant pratique et polyvalent. Nous tenons à ce que le lieu soit particulièrement convivial et chaleureux, nous soignerons donc la décoration intérieure et particulièrement l’éclairage.

Pour le mobilier (tables, chaises), nous voulons lancer un appel à création dans les écoles techniques du quartier (école Boulle, Centre de Formation des Apprentis, école Saint Sabin ...), et la réalisation pourra se faire en étroite collaboration avec des artisans du Faubourg.

Financements

La COMMUNE est avant tout un laboratoire d’idées et d’activités, c’est un projet à but non-lucratif. Ce lieu devra donc être aidé, pour l’investissement et son fonctionnement, par des subventions qui complèteront les gains liés à l’activité.

Nous pensons à plusieurs modes de financements, pour l’ensemble du projet, qui mixent des fonds publics et privés auxquels s’ajouteront les gains de l’activité du café et les adhésions. Pour l’investissement de départ (équipement, matériel)mais aussi pour le financement, nous faisons appel à des fondations privées et à la Ville de Paris.

L’association investira évidemment tous les gains de l’activité et les adhésions dans la COMMUNE et si elle devait emprunter, elle le ferait auprès de « banques solidaires ».

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